Bulles du Bout du Monde
Notre Tour du Monde de la Plongée
 
 




Le Sabah
 
Plusieurs raisons nous ont poussé à visiter le Sabah, ce territoire perdu au nord de l'île de Bornéo.

La première raison, c'est Sipadan, une destination de rêve pour les plongeurs avec des sites magnifiques où l'on peut observer des bancs de barracudas, des requins, des perroquets à bosse et plein d'autres espèces tout aussi fascinantes.

La deuxième raison, c'est la faune terrestre avec les orangs-outans et les fameux nasiques, endémiques de l'île de Bornéo.

Et pour finir, notre tour du monde aurait un petit goût d'inachevé si nous n'avions pas passé quelques jours dans la jungle avec les serpents, les sangsues et autres bestioles inhospitalières.

Bien sûr, on espère pouvoir observer toutes ces espèces dans leur milieu naturel mais ici, c'est la nature qui commande.




Du vendredi 15 au dimanche 17 juin 2012 : Kota Kinabalu
 
Un peu plus de deux heures après avoir décollés de Singapour, nous débarquons à Kota Kinabalu, la capitale du Sabah au nord de Bornéo.
 
A l’arrivée, nous sommes quelque peu surpris car nous nous attendions à quelque chose de plus rural. C’est en fait une assez grande ville avec quelques hauts buildings et pas mal de circulation.
 
A vrai dire, la ville n’a pas beaucoup de charme mais nous ne restons que le temps d’organiser nos différentes excursions sur Bornéo.
 
En arrivant à l’hôtel, une bonne surprise nous attend car le réceptionniste nous annonce que nous avons été « upgradés » et nous avons droit à la suite « Princess », la plus belle chambre de l’hôtel, au lieu d’une chambre standard… Trop cool, la salle de bain est immense, il y a une baignoire, une douche et deux lavabos (apparemment la princesse ne séjourne jamais seule). La chambre est également très grande et il y a même un petit salon attenant…
 
Le point négatif, c’est que la chambre étant tellement confortable, nous avons eu du mal à mettre le nez dehors, d’autant plus que la ville est franchement moche.
 
Le marché nocturne offre tout de même un spectacle divertissant grâce aux étals colorés et à l’ambiance si particulière qui se dégage des marchés asiatiques. On trouve de tout ici, du poisson frais, des fruits, des légumes, des objets comestibles non-identifiés et Astrid a fait la découverte du fameux durian, ce fruit réputé pour son odeur désagréable.

 
                                                                                                  (Impressionnante la montagne d'oeufs en arrière-plan)



 
 
Apparemment, ce fruit n’est pas du goût de la princesse ;)
 
Ça y est, les excursions sont réservées et il est maintenant temps de prendre un bus pour rejoindre Sandakan, un peu plus au nord, à la découverte de la faune sauvage.




Du lundi 18 au jeudi 21 juin 2012 : Sandakan, Sepilok et Labuk Bay
 
Aujourd’hui, nous quittons Kota Kinabalu sans regret pour rejoindre Sandakan à l’est du Sabah. Pour nous rendre jusque là, 7 heures de bus sont nécessaire pour parcourir à peine plus de 300 kilomètres. Ça nous laisse largement le temps de profiter du paysage…
 
Parlons-en du paysage !!! Les premiers kilomètres sont plutôt agréables et la vue sur le mont Kinabalu qui culmine à 4095 mètres est vraiment splendide. Malheureusement, le chauffeur a décidé d’avaler les kilomètres sans faire de pause, s’arrêtant à peine quelques secondes pour tirer trois lattes sur sa clope.
 
Une fois la montagne franchie, c’est la stupeur. La forêt humide fait place à une quantité incroyable de palmiers exploités pour l’huile de palme. De temps à autre, on aperçoit des flancs de collines complètement déboisées et des bulldozers… ça fait froid dans le dos.
 
C’est sur les rotules que nous arrivons à l’hôtel qui s’avère être une très bonne surprise et une fois installés, nous prenons le temps d’organiser nos excursions.
 
Au programme, les visites du Rainforest Discovery Center, du Labuk Bay Proboscis Monkey Sanctuary et du Centre de Réhabilitation des Orangs-Outans de Sepilok.
 
Le lendemain, nous prenons la navette de l’hôtel pour rejoindre le centre-ville de Sandakan. De là, nous grimpons dans un bus local en direction de Sepilok. Le trajet sera plutôt folklorique, le chauffeur et son équipe (des jeunes du coin faisant office de contrôleur, animateur, DJ, copilote …) transformant le bus en boite de nuit ambulante alternant musique techno et hard rock… ça fait parti des joies du voyage :)


On adore le panneau "No Smoking" juste au dessus de l'affiche de Bob Marley...Fallait oser :)
 
Une heure plus tard, nous arrivons au Rainforest Discovery Center qui présente de façon très pédagogique la faune et la flore tropicale.
 
Nous commençons par visiter le jardin botanique avant d’entreprendre une petite randonnée dans la jungle pour faire la rencontre du plus vieil habitant des lieux, le « Giant Sepilok ».

 







 
 
Au bout de quelques minutes, nous sommes déjà trempés car il fait chaud … très chaud (autour de 35°C) et très humide bien qu’il ne pleuve pas… Nous nous accordons donc un petit break bien mérité avant de traverser la canopée.
 
 

 
Sur les 8 tours d’observation actuellement en construction, 3 sont achevées et permettent aux visiteurs de prendre de la hauteur pour observer la forêt. C’est vraiment très agréable, d’autant plus que nous sommes complètement seuls.

 
Pour finir la boucle, nous longeons un lac et le traversons en passant sur un pont suspendu avant de rejoindre l’entrée du site. Il ne nous reste plus qu’à prendre un taxi pour retourner à l’hôtel, prendre une bonne douche et manger un morceau car nous n’avons rien avalé de la journée… quasiment une première pour Astrid qui est au bord de la crise d’hypoglycémie.

 
Le lendemain, une navette (réservée la veille par Astrid) passe nous prendre à l’hôtel pour nous emmener au Labuk Bay Proboscis Monkey Sanctuary.
 
Un planteur soucieux de respecter l’environnement a créé sa propre réserve de nasiques. Ces primates sont peut-être encore plus rares que les orangs-outans car si l’on peut apercevoir ces derniers à Sumatra en Indonésie, on ne trouve les nasiques qu’à Bornéo.
 
Ces primates au pelage brun-roux peuvent atteindre 72 centimètres et peser plus de 24 kilos. Lors de la visite, un gros mâle nous a foncé dessus et c’est assez impressionnant… Heureusement que je m’y connais en arts martiaux… Bon OK, c’est vrai, j’ai pas fait le malin sur le coup…
 
Tirant leur nom de leur long et gros appendice nasal, ils se caractérisent également par leur ventre bedonnant et leur face blanche.
 
Les gardiens des lieux les nourrissent deux fois par jour. Cela permet de les observer mais également de palier au manque de nourriture. En effet, le déboisement intensif a considérablement réduit leur habitat naturel (la mangrove) et leurs réserves de nourritures.
 
Nous avons eu la chance d’assister à deux séances de nourrissage et ce fût un réel plaisir d’observer leur comportement dans un cadre relativement bien préservé.



 
                                                                                                  (Nasalis Larvatus)



 



 
Le lendemain, nous sommes allés au Centre de Réhabilitation des Orangs-Outans de Sepilok pour y observer ces fameux primates au pelage roux. Le site, plus facile d’accès, est nettement plus touristique… Il y avait cette fois-ci plus d’humains que de singes et ils ont dû bien se marrer en nous observant.
 
Bref, nous n’avons vu qu’un seul orang-outan (Astrid avait pourtant « commandé » un bébé dans les bras de sa maman et moi un gros mâle dominant) et les plateformes sont un peu trop éloignées du public à mon goût. C’est certainement pour le bien des primates mais c’est tout de même un peu frustrant pour nous.




(Pongo Pygmaeus)

 
A la fin du nourrissage, les guides ont projeté une petite vidéo expliquant leur travail au public. Ils recueillent les petits primates orphelins pour les aider à se développer avant de retourner dans la nature. Bref, une belle initiative mais nous sommes tout de même restés sur notre faim et avons préféré le sanctuaire des nasiques.
 
J’ouvre une petite parenthèse pour ceux qui souhaitent voyager au Sabah : N’écoutez pas ceux qui vous affirment qu’il est indispensable de prendre un tour opérateur pour vos visites. Nous avons tout organisé nous même en passant des coups de fil et cela nous a coûté deux fois moins cher pour la même prestation…
 
Voilà, notre séjour à Sandakan touche à sa fin mais nous pourrons continuer nos singeries en pleine jungle car nous partons en expédition sur les rives de la rivière (sungai) Kinabatangan.


Homo Sapiens ... enfin je crois :S





Du vendredi 22 au dimanche 24 juin 2012 : Sungai Kinabatangan
 
Après une dernière nuit dans un bon lit douillet, les choses sérieuses peuvent commencer…
 
Ce matin, un minivan passe nous prendre à l’hôtel pour nous emmener sur les rives du Sungai Kinabatangan.
 
Plus long fleuve du Sabah, il coule sur 560 km, prenant sa source au fin fond de la jungle et déversant ces eaux boueuses dans la mer de Soulou.
 
La forêt tropicale autour du fleuve a été épargnée par les exploitations d’huile de palme. Ironie du sort, la présence d’une faune étonnamment variée est principalement due au déboisement massif en dehors de cette zone, qui a poussé les animaux sauvages à se réfugier aux abords du fleuve.

Nous croisons les doigts pour voir un maximum d’espèces et Astrid imagine déjà un bébé orang-outan dans les bras de sa maman.

Pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Notre minivan s’arrête à mi-chemin pour que nous puissions nous restaurer. Nous faisons alors la connaissance d’Ashley et Alex, un couple germano-américain qui va participer à la même expédition que nous.

Après trois heures de minibus, nous arrivons aux abords du fleuve et un bateau nous attend pour la fin du trajet jusqu’au campement. Notre cabane bien que rudimentaire s’avère être relativement confortable. On a même une petite douche (alimentée par l’eau du fleuve préalablement décantée) rien que pour nous.

 
Arshad, notre guide, nous fait un petit briefing pour nous annoncer ce qui nous attend. Au programme, quatre excursions en bateau, deux treks nocturnes et une randonnée en journée dans la jungle. Pour les treks, il n’y a aucun chemin tracé par l’homme (c’est interdit car la zone est protégée) et nous suivrons donc le chemin tracé par les éléphants pygmées.
 
Lors des balades en bateau, nous aurons la chance de voir de nombreuses espèces dans leur habitat naturel, plusieurs espèces de singes dont les fameux nasiques, des orangs-outans (dont une femelle avec son petit … Je vous laisse imaginer la réaction d’Astrid), des macaques à longue queue… Nous verrons également un crocodile, des varans, plusieurs espèces de serpents, un cochon sauvage... Les oiseaux ne sont pas en reste et nous observerons des calaos de Bornéo avec leur bec si particulier et pour couronner le tout, nous avons croisé deux troupeaux d’éléphants tranquillement « attabler » au bord du fleuve. C’est vraiment une expérience unique de pouvoir observer ses animaux dans leur milieu naturel.

 

 














Arshard, oeil de Lynx, notre guide
 
Côté paysage, c’est tout aussi magnifique, l’artiste qui s’aviserait de peindre le sungai kinabatangan aurait besoin sur sa palette de vert, de bleu et de beaucoup de marron tant les eaux du fleuve sont boueuses.
 









 
Lors des treks nocturnes, nous avons vu un petit tarsier, le plus petit primate au monde et quantité d’insectes plus effrayants les uns que les autres.


 
 
Le plus marquant restera sans doute les kilos de boue que nous avons charriée sur notre passage… Heureusement, nous avions prévu les bottes et les chaussettes anti-sangsue :)
 
 
Le trek de jour nous donnera l’occasion de nous rendre au bord d’un lac alimenté par le fleuve lors de la saison des pluies. Comme annoncé à l’avance par le guide, nous n’avons pas croisé beaucoup d’animaux car ils nous sentent à des kilomètres à la ronde avec nos déodorants et nos répulsifs anti-moustiques. Néanmoins, quelques minutes avant la fin du trek, nous croisons une femelle orang-outan avec son petit dans les bras… Nous sommes vraiment chanceux car d’après Arshad, c’est rarissime !!!
 
 





 
Nous verrons également un gros varan en chasse, à la poursuite d’un rat énorme.
 
Parlons-en des rats, l’un d’eux a élu domicile aux abords de notre cabane et n’a rien trouvé de mieux que de grignoter les murs à trois heures du matin. Nous n’avons pas réussi à le débusquer la première nuit mais nous avons eu notre revanche le lendemain. L’entendant grignoter la planche dans un demi-sommeil, je me suis levé à toute vitesse, j’ai pris la bombe anti-moustiques et lui ai repeint les moustaches façon bombe lacrymogène… Un partout, balle au centre ! Il a quand même fini par avoir le dernier mot après avoir uriné sur mes sandales que j’avais laissé devant la cabane… Saleté de rat, je l’aurai un jour, je l’aurai…
 
Voilà, notre expédition dans la jungle touche malheureusement à sa fin et celle-ci a largement dépassé nos rêves les plus fous… Nous revoyons encore les troupeaux d’éléphants, les orangs-outans et toutes les merveilles que la nature a bien voulu partager avec nous.
 
Maintenant, nous partons vers l’archipel de Semporna en espérant que les fonds sous-marins soient aussi riches que la forêt tropicale.




Du lundi 25 au vendredi 29 juin 2012 : Mabul et Sipadan
 
Après notre expédition dans la jungle, nous reprenons la route accompagnés d’Ashley et Alex qui se rendent également à Mabul pour plonger.
 
Le voyage est plutôt confortable et nous arrivons finalement à Semporna, une ville côtière sans charme où nous séjournerons une nuit avant de reprendre un bateau pour Mabul.
 
A l’heure du déjeuner, nous retrouvons Ashley et Alex dans un petit resto et continuons à partager nos aventures. Ils entreprennent également un long voyage en Asie et en Amérique Centrale donc les sujets de conversation ne manquent pas… D’autres idées « voyage » commencent déjà à germer dans nos esprits.
 
Au crépuscule, nous remettons le couvert autour de quelques bonnes pizzas arrosées de quelques bières. Nous nous racontons quelques bonnes histoires allant des toilettes japonaises aux paysages néo-zélandais en passant par la gastronomie américaine…
 
On a passé une bonne soirée en leur compagnie et on espère bien les recroiser sur Mabul.
 
Le lendemain matin, une navette passe nous prendre à l’hôtel puis nous embarquons sur un speed-boat. Nous n’avons plus tellement confiance en ce type d’engin depuis nos mésaventures au large des îles Gili mais nous n’avons pas vraiment le choix. Cette fois-ci, tout se passe très bien et nous sommes accueillis chaleureusement par le staff de Borneo Divers, on a le droit à un briefing à notre arrivée, histoire qu’on se sente comme à la maison.

On sympathise rapidement avec les autres vacanciers... Pas très difficile quand on partage la même passion :) J'en profite pour remercier Vincent pour ses photos de Sipadan !
 
L’île est vraiment sympa avec ses plages de sable blanc et ses maisons sur pilotis et que dire du coucher du soleil ?
 




 
Notre quotidien sur l’île s’organise autour des plongées… Quatre par jour, ça ne nous laisse pas beaucoup de temps pour faire autre chose. En plus, nous avons de la chance car nous avons pu plonger trois jours de suite sur l’île de Sipadan, située à 45 minutes de speed-boat de Mabul.
 


 
Il faut savoir que Sipadan est une zone protégée. Un nombre limité de plongeurs a le droit d’explorer les fonds sous-marins chaque jour. Heureusement pour nous, les resorts ne font pas le plein à cette période de l’année et il est donc plus facile d’obtenir ce fameux permis.
 
Durant notre séjour, nous avons donc plongé trois jours sur Sipadan, un site où l’on peut voir du gros (requins, barracudas, tortues, carangues, etc…) et deux jours sur Mabul pour la « macro » (petites bestioles type nudibranches, crevettes etc…)
 
Pour tout ce qui concerne les plongées, je vous invite à cliquer ICI.
 
Voilà, notre séjour sur Mabul touche à sa fin et il nous faudra attendre quelques semaines avant de replonger en Indonésie. Après demain, nous rejoignons Kuala Lumpur pour un nouveau city trip avant de mettre le cap vers le pays du soleil levant.
 



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